
Cette phrase, nous l’avons tous entendue. Elle pose une limite, mais quand elle n’est pas prononcée, peut-on tout raconter ?
Dans mes échanges professionnels, je suis parfois interpellée par la facilité avec laquelle une information sur quelqu’un circule. Pas forcément par mauvaise intention : on discute, on s’inquiète, on partage… et une confidence devient un sujet de conversation.
Je suis actuellement en train de lire Secret et sociétés secrètes, de Georg Simmel. Sa réflexion sur la discrétion nourrit mon questionnement : respecter l’autre, c’est aussi respecter ce qu’il ne choisit pas de nous dévoiler. Nous n’avons pas besoin de tout savoir les uns des autres pour construire une relation de confiance.
Au fil de ma lecture, une question m’accompagne : le fait de savoir quelque chose sur quelqu’un m’autorise-t-il à en parler ?
Au travail, la confidentialité concerne aussi ce qui touche à notre parcours : une envie de changer de poste, une difficulté dans une mission ou un désaccord avec un collègue. Le caractère professionnel d’une information ne signifie pas qu’elle peut être partagée avec tout le monde.
Avant de transmettre, trois questions peuvent nous guider :
Est-ce utile ? Cette information aide-t-elle à agir ou alimente-t-elle simplement la conversation ?
À qui est-ce utile ? Ce qu’un interlocuteur a besoin de savoir ne concerne pas nécessairement toute l’équipe. Et même auprès de la bonne personne, tous les détails ne sont pas indispensables.
Partager ce qui permet de travailler ensemble, tout en préservant ce que l’autre nous a confié : un équilibre à construire au quotidien.
Lecture en cours : Georg Simmel, Secret et sociétés secrètes, éditions Circé.


